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- #Générale#Gautier V d'EPINAL était Chevalier et Seigneur de Ruppes, de Houdemont, et en partie de Germiny. Il appartenait donc à la noblesse en vue, étant donné qu'à l'époque la Lorraine ne comptait qu'une cinquantaine de maisons de seigneurs et fort peu parmi ces derniers étaient chevaliers, tant l'adoubement est devenu une entreprise onéreuse et par conséquent, prestigieuse : la plupart des « gentilshommes », comme se nommaient de nobles Lorrains, était amenée à se contenter, leur vie durant, du titre d'écuyer ou même de celui de « fils de chevalier ». Ce Gautier a eu deux enfants : Chevalier Simon de Bouzanville, et Adeline de ROSIERES devenue Adeline de BEAUFREMONT. Comme tout seigneur, Gautier était donateur et bienfaiteur : aux moines du Prieuré de Flavigny il offrit son alleu de Houdémont et sa rente de cinq muids de vin (pas loin de 1.500 l de vin lorrain, certainement bon à l'époque, car exporté jusqu'à Cologne); tandis que l'Abbaye cistercienne de Clairlieu reçut des dons en blé et avoine, ainsi qu'un moulin et deux fours banaux. Tout cela ne signifie pas forcément que Gautier baignait dans la richesse, la vie ayant toujours demandé beaucoup d'astuce à ceux qui l'aiment : ainsi, le seigneur et ami de Gautier, le Comte de VAUDEMONT se voyait obligé tantôt de piller, tantôt de faire pénitence pour maintenir son train de vie : une fois il mettait à sac la belle cité de Neufchâtel, une autre, il partait à la Croisade en échange du Comté d'Ariano offert par Charles d'ANJOU et tout au long de sa vie il engageait et ré-engageait ses châteaux suivant un schéma pyramidal complexe. Nous pensons que Gautier V pourrait être enseveli dans l'Abbaye de Clairlieu qui abritait une « chapelle des Seigneurs de GERMINY » entretenue en tout cas, par sa descendance. L'abbaye, « la plus vaste et la plus magnifique de tout le pays » et où, d'après Dom Calmet, on remarquait « plusieurs monuments des plus illustres Maisons de Lorraine » (mais aussi de Luxembourg) a été détruite de fond en comble à la Révolution.
Les œuvres connues de Gautier d'ÉPINALsont consignées dans six manuscrits dont ceux de la Bibliothèque de la Bourgeoisie, à Berne, de la Biblioteca Estense, à Modène, et dans les Chansonniers de Cangé et de Saint-Germain-des-Prés. La première des tentatives d'édition moderne connue date de 1772. Cette compilation poétique est due à Rigolay de Juvigny. 130 ans plus tard, en 1902, à l'université de Helsigsfors (dans l'Empire russe) paraissait une édition préparée par Uno Lindelöf et Axel Wallensköld : U. Lindelöf and A.Wallensköld : 'Les chansons de Gautier d'Épinal', mémoires de la Société néophilologique de Helsinki, III (1902), 205319. Une longue préface a été rédigée par Maurice de Pange; à ce jour, son article reste la base pour la biographie du Trouvère-chevalier. Écrit après la guerre franco-prussienne, cet article anti allemand sans réserves, a dû être écarté de la publication. À la suite de la publication de Lindelöf Wallensköld, l'œuvre poétique de Gautier a été évaluée par Alfred Jeanroy, l'une des notoriétés des études médiévales d'il y a cent ans. Sa condamnation a été si sévère que Gautier a été replongé dans l'obscurité pour presque cent ans : il est à peine mentionné dans une remarque du grand classique de Samuel N. Rosenberg Hans Tischler (« Chansons des trouvères » qui présente 46 trouvères plus des anonymes). L'ouvrage des historiens finnois a servi pour toutes les rééditions ultérieures de textes de Gautier, dont la plus complète se trouve dans : Trouvères lorrains. La poésie courtoise en Lorraine au xiiie siècle par J. Kooijman, 1974. L'édition de Hans Tischler est la référence contemporaine. Une thèse de doctorat a été soutenue récemment : Schiassi Germana. Gautier d'Epinal. édition critique et commentaire.
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