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- #Générale#Nicolas II de Rumigny et de Florennes, dit "le Grand", né vers 1085/1090, mort vers 1153/1162, inhumé à Bonnefontaine, seigneur de Rumigny de 1110-1152, veuf de N. de Chimay, fille d’Alard II, seigneur de Chimay et de Basilie N., épousa en secondes noces vers 1115/1120 Alix de Hainaut (dite aussi Adelhidis/Aelidis/Alidis/Aélis), fille de Baudouin comte de Hainaut et d’ Ide de Louvain, née vers 1095/1096, elle est citée dans les chartes en 1132, 1148 et 1153. Morte avant 1162.
Gislebert de Mons, ancien chroniqueur du Hainaut, écrit vers 1195 :
« Alia autem Alidis nomine viro nobili Hugoni de Ruminio maritata fuit… quae filium habuit Nicholaum, qui et Ruminium et Florinas castra possedit… Nicholaus hic bona terrae suae plurimùm ampliavit et de uxore sua Damison de Cirvia filios habuit milites probos, Nicholaum scilicet, qui post ipsum Ruminium possedit, militem probum et prudentem, cujus fama bona longè latèque diffundebatur, et Hugonem qui Florinas castrum tenuit… Jacobus (de Aventhnis)… uxorem habuit Adelinam (Adeluiam) Buchardi de Guisia filiam… filiosque ex ea habuit… et filias quarum una Nicholao supradicto militi nobilissimo et probissimo, Nicholai de Ruminio et Damison de Cirvia filio, maritata fuit ».
(Traduction : « Une fille de Baudouin, comte de Hainaut, et de la comtesse Ide, nommée Alidis, fut mariée à noble homme Hugues de Rumigny ; elle eut de lui Nicolas, qui posséda les châteaux de Rumigny et de Florennes… Ce Nicolas augmenta considérablement les biens de son domaine et eut de son épouse Damison de Chièvres de vaillants chevaliers, savoir Nicolas, qui hérita de Rumigny, chevalier brave et prudent, dont la renommée s’étendit au loin, et Hugues, qui eut le château de Florennes… Une des filles de Jacques d’Avesnes et d’Adeluia de Guise épousa le très noble et très vaillant chevalier Nicolas prénommé, fils de Nicolas de Rumigny et de Damison de Chièvres ».)
Cette fille de Jacques d’Avesnes se nommait Mathilde ou Mahaut, d’après Baudouin d’Avesnes, autre chroniqueur du Hainaut, qui écrivait en 1285 et qui souvent ne fait que copier Gislebert dans ses détails généalogiques.
Si on confronte ce témoignage avec celui des chartes, on constate, que Nicolas IV de Rumigny, l’époux de Mathilde d’Avesnes, est petit-fils, non de Hugues, comme l’avance Gislebert, mais de Nicolas II : il le déclare expressément dans une lettre qu’il adresse à Guillaume aux Blanches-Mains, archevêque de Reims (1176-1202) ; que Nicolas IV est le fils de Nicolas III et de Damison de Chièvres, et qu’il est son successeur immédiat dans la seigneurie de Rumigny ; que Nicolas III, époux de Damison de Chièvres, a succédé à Nicolas II. Enfin aucun texte ne révèle l’existence de ce Hugues de Rumigny.
Les quelques lignes qui suivent sont empruntées aux Annales du Hainaut: « Alexis ou Alise, épousa le seigneur de Rumigny, surnommé le Grand, seigneur de Rumigny et de Florennes ; aucuns l’appellent Guillaume, d’autres Gilles et d’autres encore Hugues. De ce mariage sont issus un fils et cinq filles… ».
Du second lit sont issus deux fils et six filles : Baudouin, archidiacre de Laon ; une fille épouse de Raoul de Raucourt.
Leur fille Hadewide était la femme de Gervais de Bazoches.
La 33e lettre de Guy de Bazoches, chantre de St-Etienne de Châlons-sur-Marne, à son neveu Renaud, archidiacre, rappelle sa généalogie depuis Clovis jusqu’aux comtes de Hainaut. Il écrit de son oncle l’archidiacre Baudouin, que sa mère est la fille du fameux comte et de l’excellent prince de cette partie du diocèse de Cambrai, dont le nom dans la langue des francs semble signifier haine : « Mater ejus… filia famosi comitis et egregii principis territorii Cameracencis, illius cujus vocabulum lingua Francorum sonare videtur odium sive habeat in fine quartam vocalium vel diptongum au ».
La lettre dit : « … Baudouin de Jérusalem, engendra Aelide de Rumigny, de laquelle est née Hadewide de Bazoches, mère d’Aelide de Château-Porcien, ta mère et ma sœur. » « Jherosolimitanus Balduinus, (genuit) Aelidem de Ruminiaco que Hadewiden de Basochis, genitricem Aelidis de Castello genetricis tue, sororis mee… ».
Depuis leur entrée en possession de la terre de Florennes, ses ancêtres avaient cessé d’établir leur résidence habituelle au château de Rumigny. Il revient habiter l’antique château.
Un des premiers soins de Nicolas II fut de rendre le prieuré de Saint-Pierre à sa destination et sa splendeur primitive. A la suite des pillages d’Eudes de Champagne en 1031, cette église restait confondue dans l’héritage des seigneurs de Rumigny, au mépris des droits de l’abbaye de Saint-Nicaise. Il commença par reconnaître les droits de Saint-Nicaise. Afin d’assurer au prieuré des revenus suffisants, il s’entendit avec l’abbé Gui pour construire, à frais communs, les villages de Liart et de Bay sur les terres de l’église de Saint-Pierre. Un accord conclu en 1100 régla leurs droits respectifs. Dans cette charte Nicolas seigneur de Rumigny, est déclaré fils de Nicolas.
La restitution de l’église de Saint-Pierre se fit en 1112, elle sera dorénavant désservie par des moines, le seigneur de Rumigny y aura droit de sépulture et son anniversaire y sera célébré chaque année après sa mort, dans cette charte, il est encore dit fils de Nicolas. Celle-ci fut confirmée le 10 avril 1114, par le pape Pascal II.
Nicolas de Rumigny fut un des nobles qui encouragea le plus généreusemenet la fondation des maisons religieuses dans la Thiérache et le Porcien. En 1121, saint Bernard, abbé de Clairvaux, fonda l’abbaye de Foigny. Nicolas de Rumigny céda à ce nouvel établissement la moitié d’un bois situé à Any, moyennant un cens annuel de cinq muids de blé.
En 1132, Nicolas de Rumigny, son épouse Alix, du consentement de leur fils Nicolas : « Nicolaus, dominus de Rumigny, et Adhelidis uxor ejus, assensu ipsorum Nicolai filii », donnèrent à l’ordre du Prémontré le territoire de Gland, pour y fonder une abbaye. Il est stipulé qu’en attendant l’abbaye de Cuissy jouira de cette propriété. Toutefois les Prémontrés de Cuissy ne purent remplir les intentions. Ils se contentèrent de bâtir une grange ou ferme pour l’exploitation des terres qui leur avaient été concédées.
En 1132 fonde une chapelle au château de Martigny.
Nicolas II de Rumigny intervint comme témoin en 1135, à la charte de fondation de l’abbaye de Signy, de l’ordre de Citeaux, fondée par l’influence et sous la direction de saint Bernard, il est rapellé dans la charte que Nicolas et ses frères ont consenti à la cession du pré dit “Ollonpret” aux religieux de Signy par l’abbé de Saint-Nicaise : « Abbas sancti Nicasii Ollonum pratum quod ibidem habebat, assensu Nicholai de Ruminiaco et fratrum suorum praedictis monachis concessit ».
En 1139, il est cité comme gentilhomme du Hainaut.
En 1142 Nicolas de Rumigny est cité comme châtelain de Martigny.
A la voix de saint Bernard, Nicolas II de Rumigny prit part à la seconde croisade, en 1147, avec son fils Nicolas, laissant, pendant son absence, l’administration de ses domaines à son épouse Alix. Le Cartulaire de l’abbaye de Foigny possède une charte de 1148, où l’on trouve Alix « Aelidis », dame de Rumigny, qui donne son consentement à la cession d’une dîme à ce monastère, avec la réserve que cette cession sera ratifiée par son mari Nicolas et son fils Nicolas, à leur retour de la Terre-Sainte.
Nicolas de Rumigny et son fils furent du petit nombre des croisés qui purent regagner leur pays.
En 1152, le seigneur de Rumigny résolut de fonder dans ses domaines un monastère de l’ordre de Citeaux. Il s’adressa au vénérable Bernard, premier abbé de Signy, et lui donna une ferme, nommée alors « Sérifontaine » , avec ses dépendances. L’abbé choisit un religieux du nom de Thierry et douze autres moines de sa communautés et les envoya pour jeter les fondements du nouveau monastère, qui fut appelé « Bonnefontaine ». La fondation et la dotation du monastère furent confirmées en 1153, par Samson de Mauvoisin, archevêque de Reims. Dans son diplôme, le prélat rappelle que la donation de Nicolas de Rumigny a été faite du consentement de son fils Godefroid, qu’il a eu de sa première femme, de celui d’Alix, sa seconde femme, et de ses fils Baudouin, archidiacre, et Nicolas : « Approbante filio suo Godefrido, quem de primâ uxore suscepit, et uxore ejus Aelide, cum filiis suis Balduino archidiacono et Nicolao ».
Après sa mort, Nicolas II de Rumigny fut inhumé dans le cloître de Bonnefontaine, près de l’entrée latérale de l’ancienne église. Il y avait à cet endroit une série d’alcôves consacrées à la sépulture des seigneurs de Rumigny. La pierre tumulaire de Nicolas II mesure 2,50m. de long sur 2 de large et est élevée d’1m. environ au-dessus du sol, le seigneur de Rumigny est sculpté en costume de chevalier, la tête couverte d’un casque cylindrique, l’épée haute dans la main droite, une cotte de mailles couvrant le corps, le bouclier aux armes: « à la bordure fleurée (ou fleurdelisée) et contre-fleurée et une bande sur le tout ».
Du premier lit est issu 1 fils :
Godefroid de Rumigny, cité en 1153, probablement mort avant son père.
Du second lit sont issus 8 enfants :
Nicolas III de Rumigny, qui suit.
Béatrix de Rumigny, dite de Boussu, qui épousa Goswin III de Mons, châtelain de Mons, de Valenciennes et de Beaumont; dont la fille, Ide de Mons épousa Renier de Jauche.
Baudouin de Rumigny, archidiacre de Laon, cité en 1153, comme fils de Nicolas II et d’Alix, puis en 1163 comme frère de Nicolas III.
Alide de Rumigny épouse de Raoul de Raucourt.
Hadewide de Rumigny, morte vers 1203, épousa Gervais de Bazoches.
Mahaut de Rumigny, épousa le baron Isaac de Barbencon, seigneur de la Bussière, Solre-Sur-Sambre, pair de Hainaut.
Alix de Rumigny, épousa successivement Widon ou Gui de Cheri (dans le comté de Rethel), puis vers 1156, Hugues, châtelain de Mézières, avoué de Donchery.
Richilde de Rumigny, épousa Jean du Roeulx, seigneur en Brabant. Gislebert dit qu’elle épousa le seigneur de Cons, dont elle eut un fils nommé Gilles.
Bibliographie:
ROLAND, "Histoire Généalogique de la Maison de Rumigny-Florennes", dans Annales de la Société Archéologique de Namur, tome 19, 1891 et tome 20, 1893.
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